Directives de doublage de Prime Video

Directives de doublage de Prime Video

Dernière mise à jour 2025-11-25

1. Objectif et portée

Ces directives établissent les normes de qualité et les meilleures pratiques de Prime Video en matière de doublage pour tous les types de contenu et les langues prises en charge. Elles fournissent à leurs partenaires, notamment les studios de doublage, les traducteurs, les adaptateurs, les réalisateurs et les comédiens de doublage, un cadre unifié pour fournir un contenu doublé de haute qualité qui préserve l’intention créative tout en répondant aux attentes du public mondial.

2. Principes fondamentaux de qualité

Le doublage a considérablement évolué au cours des dernières décennies, des chercheurs et des experts du secteur ayant établi des cadres pour évaluer la qualité sur les plans de la linguistique, de l’interprétation et de la technique. S’appuyant sur les travaux fondamentaux d’Ávila (1997), Whitman-Linsen (1992) et Chaume (2012, 2020), ainsi que sur les normes professionnelles des secteurs de la diffusion, des médias, du divertissement et de la technologie, Prime Video organise la qualité du doublage en trois dimensions interconnectées qui guident notre approche de l’excellence :

La traduction et l’adaptation visent à créer un dialogue qui semble naturel et authentique tout en préservant l’intention créative du contenu original. Cela inclut le maintien de la cohérence audiovisuelle, l’adaptation appropriée des références culturelles, la garantie de la cohérence terminologique et la réalisation d’une synchronisation adéquate.

Le casting vocal et l’interprétation traitent de la sélection de comédiens de doublage adaptés et de la direction artistique requise pour obtenir des performances qui rendent toute la profondeur du personnage et son authenticité émotionnelle. Cela englobe les principes de casting, la direction et l’intensité du jeu, ainsi qu’une représentation authentique.

L’enregistrement et le mixage établissent des normes techniques pour une qualité audio professionnelle qui permet aux dialogues doublés de s’intégrer parfaitement au produit final. Cela inclut les spécifications d’enregistrement, les directives de montage et de traitement audio et les normes de mixage.

Ces trois domaines travaillent ensemble pour créer du contenu doublé qui transcende les barrières linguistiques et offre des expériences de visionnage immersives à un public mondial.

3. Traduction et adaptation

La traduction et l’adaptation constituent la base linguistique et culturelle de tout travail de doublage. Les adaptateurs interprètent la vision créative, l’impact émotionnel et le contexte culturel du contenu original tout en élaborant un dialogue qui trouve un écho authentique auprès du public cible. Ce processus nécessite de trouver un équilibre entre le respect du matériel source et la création d’un dialogue naturel dans la langue cible.

3.1 Principes fondamentaux

Dialogue naturel et authentique
Les dialogues doublés doivent être spontanés et crédibles dans la langue cible. La traduction littérale produit un phrasé maladroit qui signale immédiatement un caractère artificiel au public. Le rôle de l’adaptateur est de créer un dialogue qui reflète un discours authentique tout en préservant le rythme et l’intention de l’original. 

Un langage familier et contemporain aide le public à se connecter au contenu. À moins que l’original n’utilise un langage propre à une période ou des registres délibérément formels, le dialogue doublé doit utiliser des expressions et des modèles de conversation typiques du langage naturel de la culture cible. Pour le contenu scénarisé, le dialogue doit capturer la voix distinctive de chaque personnage à travers un argot, des expressions idiomatiques et des modèles linguistiques adaptés à sa personnalité, à ses antécédents et à ses relations. Pour le contenu non scénarisé, la langue doit rester accessible tout en conservant un registre et une spécificité appropriés pour le sujet.

Les grossièretés et le langage fort doivent être rendus fidèlement pour honorer l’intention créative, en utilisant des expressions équivalentes qui correspondent à l’intensité et au registre de l’original sans introduire de niveaux d’obscénité absents de la source (et en respectant les réglementations locales). 

Intention créative et fidélité
Le dialogue cible doit respecter le contenu et le ton du matériel source, en préservant sa vision créative et l’impact émotionnel escompté. Le public du doublage doit vivre la même histoire que les spectateurs de l’original. Comme le note Chaume : « le spectateur s’attend à voir le même film que le public a vu dans la langue source ; en d’autres termes, à ce qu’on leur raconte la même histoire en termes de contenu et, dans la plupart des cas, de forme, de fonction et d’effet. »

Il convient d’éviter toute modification importante du contenu, notamment en ce qui concerne les thèmes politiques, religieux ou sexuels. Pour le contenu scripté, il est important d’obtenir une synchronisation labiale très précise, mais pas au détriment du message et de l’intention d’origine. Lorsqu’une synchronisation parfaite et un sens fidèle ne peuvent être atteints à la fois, la préservation de l’intention du dialogue doit être une priorité. Les adaptateurs doivent utiliser leur expertise pour prendre des décisions qui soient d’abord utiles à l’histoire et aux personnages.

Adaptation culturelle
Un doublage efficace nécessite non seulement une adaptation linguistique mais également culturelle. Les références, l’humour et les éléments culturels qui résonnent dans un contexte peuvent semer la confusion ou aliéner le public dans un autre. Les adaptateurs doivent identifier ces éléments et trouver des expressions équivalentes qui préservent l’intention initiale tout en ayant un sens pour le public cible. Cela est particulièrement important dans les régions aux paysages linguistiques et culturels variés, où l’argot et le langage tabou varient considérablement.

Les seuils d’acceptabilité varient également selon le genre audiovisuel : certains genres permettent un degré d’adaptation qui serait inacceptable pour d’autres. Par exemple, les animations présentent généralement une synchronisation labiale plus souple et une adaptation plus poussée que le contenu en prises de vues réelles.

3.2 Alignement audiovisuel

Cohésion sémiotique
Ce que le public entend doit correspondre à ce qu’il voit à l’écran, y compris le langage corporel, les expressions faciales, le texte à l’écran et l’ensemble de la narration visuelle. D’après le concept de cohésion sémiotique de Chaume, les éléments audio et visuels doivent fonctionner ensemble de manière cohérente, afin de garantir que le dialogue oral s’aligne sur l’action globale à l’écran.

Synchronisation
La synchronisation dans le domaine du doublage implique plusieurs dimensions qui fonctionnent ensemble pour créer une expérience visuelle fluide : la synchronisation cinétique, la synchronisation phonétique ou labiale et l’isochronie (le rythme du langage).

Un doublage efficace commence par une synchronisation cinétique : alignement entre les mots, les gestes et les mouvements physiques généraux. Lorsqu’un personnage pointe du doigt, hoche la tête ou effectue des actions liées à ce qu’il dit, le dialogue doublé doit correspondre à ces mouvements pour conserver sa crédibilité. La synchronisation phonétique ou labiale, généralement abrégée dans le milieu sous le nom de « synchro », permet d’aligner le dialogue doublé sur les mouvements visibles de la bouche, en particulier pour les gros plans où les consonnes labiales (m, b, p, w), les semi-labiales (v, f) et les voyelles ouvertes sont clairement visibles. Enfin, l’isochronie correspond à la durée des énoncés, garantissant que le dialogue doublé commence et se termine à peu près au même moment que l’original. 

Bien que la précision de la synchronisation soit importante, elle ne doit pas l’emporter sur le sens et l’intention. La création d’un dialogue doublé crédible et convaincant devrait être prioritaire par rapport à la réalisation d’une synchronisation parfaite. Comme l’explique Whitman-Linsen : « ce qui compte, c’est l’impression, la crédibilité du mot artistique considéré comme un tout. » Les adaptateurs doivent prendre des décisions stratégiques lorsqu’il est impossible d’obtenir à la fois une synchronisation parfaite et une traduction fidèle. Le choix des mots doit tenir compte des mouvements de lèvres visibles, afin de garantir que le dialogue commence et se termine par une forme de bouche appropriée. Cependant, ces considérations techniques devraient servir l’objectif plus large de créer un dialogue qui semble naturel et préserve l’impact émotionnel et narratif de l’original.

3.3 Contenu spécialisé

Terminologie
Lorsque le contenu est basé sur une propriété intellectuelle établie précédemment traduite pour d’autres supports, les adaptateurs doivent identifier et référencer ces traductions existantes pour garantir la cohérence. Lorsque des documents de référence sont fournis, il faut les utiliser pour maintenir la continuité avec la façon dont le public connaît déjà ces propriétés. Lorsque les références ne sont pas fournies, les adaptateurs doivent mener leurs propres recherches afin de déterminer la meilleure stratégie de localisation.

De même, les contenus comportant du vocabulaire technique (scientifique, médical, juridique, etc.) nécessitent des recherches approfondies ou une expertise pertinente pour garantir que la version doublée reflète le même niveau d’authenticité que l’original. Pour le contenu non fictionnel, cela est particulièrement important compte tenu de la nature spécialisée de la programmation documentaire et non scénarisée, qui couvre fréquemment des sujets utilisant une terminologie spécifique à un domaine.

Séquences d’archives
Les images d’archives font référence à tout film ou vidéo qui a déjà été enregistré et qui est réutilisé dans une nouvelle production, comme les films d’actualités historiques, les films amateurs et les archives personnelles, les documents gouvernementaux et les séquences télévisées ou d’archives. Elles sont le plus souvent présentées dans des contenus non fictionnels, tels que des documentaires, afin de fournir une description complète et réaliste des événements. Dans ces scénarios, elles sont généralement recouvertes de « forced narratives » (sous-titres) au lieu d’un doublage audio afin de préserver l’authenticité et l’intention de l’original. Cependant, lorsque l’utilisation des images d’archives est suffisamment importante pour que les sous-titres créent une expérience visuelle perturbatrice, il est possible d’utiliser le doublage pour proposer une alternative plus immersive. En règle générale, si la présence de sous-titres est suffisamment importante pour interférer avec le flux narratif, le contenu pourrait bénéficier d’un doublage plutôt que de sous-titres. 

Chansons et musique
Toutes les chansons et instances musicales nécessitent une autorisation de droits avant d’être traduites par doublage ou sous-titres. Les fournisseurs de contenu ou les concédants de licence sont tenus d’obtenir cette autorisation avant la localisation et de la partager avec les parties prenantes concernées. Pour les contenus non fictionnels, les chansons ne doivent être traduites que si leur contenu est pertinent par rapport à l’intrigue, en privilégiant les sous-titres plutôt que le doublage. Pour le contenu scénarisé, les chansons peuvent être doublées ou laissées dans la langue d’origine. Dans le cas d’un doublage, les comédiens de doublage doivent être capables de fournir des performances fidèles à l’intention créative de l’original. Si les chansons sont laissées dans leur langue d’origine, les voix des comédiens de doublage doivent correspondre de près à celles de la distribution originale afin de garantir des transitions fluides entre les dialogues doublés et les morceaux de chansons originaux.

Dialogue en langue étrangère
Le traitement du dialogue en langue étrangère dépend de la fréquence et son importance dans le récit. Pour le contenu non-fictionnel, les dialogues en langue étrangère ponctuels ou pertinents à l’intrigue doivent être couverts de sous-titres plutôt que doublés. Toutefois, si les dialogues en langue étrangère représentent une part importante de la production totale, le doublage peut être préférable pour offrir une expérience de visionnage moins perturbatrice. 

Accents et dialectes
Les accents, les dialectes ou les fautes de grammaire commis par des locuteurs non natifs d’une langue ne doivent généralement pas être reproduits dans le doublage, car cela peut être perçu comme offensant par le public cible. Ces éléments ne doivent être recréés que lorsqu’ils sont essentiels à l’identité du personnage, au développement de l’intrigue ou à l’intention comique, et ils doivent être restitués aussi fidèlement que possible à la version originale. Par exemple, si l’accent étranger d’un personnage est au cœur du scénario ou si l’humour provient spécifiquement de malentendus linguistiques, reproduire ces éléments est non seulement acceptable mais même souhaitable. En revanche, lorsque ces éléments n’ont aucun objectif narratif et risquent de renforcer des stéréotypes, tels que les erreurs grammaticales d’un locuteur non natif lors d’une conversation informelle qui ne contribue pas au développement du personnage ou de l’intrigue, le dialogue doit être rendu dans une langue cible standard et naturelle.

4. Casting vocal et interprétation

Le casting vocal et l’interprétation transforment le dialogue écrit en une expérience émotionnelle et narrative que le public reçoit. Les voix sélectionnées pour une production doublée façonnent fondamentalement la façon dont le public se connecte aux personnages et au récit. L’interprétation et la dramatisation constituent des éléments essentiels du flux de travail de doublage qui influent directement sur l’authenticité et la profondeur émotionnelle du contenu doublé. 

Les bons choix de casting permettent aux personnages de conserver leur profondeur et leur personnalité malgré les barrières linguistiques, tandis que des choix faibles peuvent nuire à un travail de traduction, même excellent. Lorsque les acteurs apportent une véritable compréhension émotionnelle à leurs rôles, le public perçoit le contenu conformément à l’intention d’origine plutôt que comme un artefact traduit.

4.1 Principes de casting

Un casting réussi nécessite l’évaluation simultanée de plusieurs dimensions. Ce qui compte avant tout, c’est la performance : le comédien doit retransmettre toute la palette émotionnelle et la profondeur du personnage. La qualité de la voix vient ensuite : le timbre vocal doit correspondre à celui du personnage. Enfin, les compétences d’interprétation sont également essentielles : il est essentiel de saisir les choix créatifs subtils qui définissent le personnage.

Voice Match (correspondance des voix)
La correspondance vocale exacte des interprètes originaux n’est pas toujours possible ou nécessaire. Les langues diffèrent dans leurs structures phonétiques et leurs modèles prosodiques, ce qui signifie que les caractéristiques vocales telles que la hauteur, le volume et l’articulation varient naturellement d’une langue à l’autre. L’objectif est de capturer l’essence du personnage d’une manière qui soit authentique pour le public cible.

La similitude des voix a de la valeur, mais la création d’une expérience de visionnage captivante est plus importante. À moins qu’une correspondance vocale précise ne soit requise pour des raisons techniques (par exemple lorsque les éléments audio originaux restent dans le mixage), la priorité doit être de trouver un interprète capable de fournir l’interprétation la plus captivante et la plus crédible du personnage.

Idéalement, le comédien de doublage devrait correspondre à l’âge et au sexe des interprètes originaux pour obtenir la correspondance vocale la plus naturelle possible. Les contraintes pratiques nécessitent parfois un peu de souplesse : les réglementations relatives au travail des enfants dans certains territoires limitent le temps d’enregistrement des jeunes interprètes, ce qui amène les studios à recruter de jeunes adultes ou des comédiennes pour des rôles d’enfants. Bien qu’ils ne soient pas idéaux, ces compromis peuvent être nécessaires pour relever de véritables défis opérationnels.

Voix établies
Lorsque des comédiens de doublage incarnent le même acteur ou les mêmes personnages à l’écran dans plusieurs productions depuis plusieurs années, la continuité doit être une priorité. Le public développe des associations entre un comédien de doublage spécifique et les personnages ou les acteurs qu’il interprète, et le maintien de ces relations vocales établies préserve la cohérence et renforce le lien des spectateurs à l’ensemble d’un catalogue de contenu. 

Cependant, ce principe de continuité doit être mis en équilibre avec le besoin de variété vocale au sein des productions. Il convient de garantir des voix établies pour les personnages ou les acteurs associés, tout en veillant à ce que l’ensemble de la distribution présente des identités vocales diverses et distinctes pour tous les autres rôles. Lorsque les mêmes voix apparaissent à plusieurs reprises dans les personnages ou les projets, la version doublée perd la variété et la richesse qui rendent l’original captivant. Comme le souligne Ávila, la réutilisation excessive de voix au sein d’une même production et dans plusieurs projets entraîne un appauvrissement de la qualité. 

Représentation authentique et casting inclusif
Les médias contemporains exigent une représentation authentique de toutes les dimensions de la diversité. Le doublage devrait refléter cet engagement en élargissant activement les viviers de talents pour inclure des artistes d’horizons et de points de vue variés. Cela implique d’investir dans des programmes de formation destinés aux talents émergents et de créer des opportunités pour les voix qui ont toujours été sous-représentées dans le doublage.

La diversité du casting n’est pas qu’une question de représentation : c’est aussi une question de qualité. Lorsque le contenu doublé reflète l’éventail complet de l’expérience humaine, il trouve un écho plus profond auprès des publics de tous les groupes démographiques. Cette approche renforce le lien entre le contenu et les spectateurs, ce qui rend la localisation plus efficace et plus significative.

4.2 Direction artistique et performance

Direction artistique
Le directeur artistique (également appelé « chef de plateau ») coordonne les éléments artistiques et techniques du processus de doublage, servant de passerelle entre la vision créative et l’exécution technique. Les directeurs artistiques expérimentés savent comment associer les comédiens à des projets qui correspondent à leurs qualités vocales et à leurs forces d’interprétation, en orientant les performances de manière à respecter le contenu source tout en trouvant un écho auprès du public cible. Leur expertise consiste à faire correspondre le talent au matériau, à comprendre comment les différentes qualités vocales sont au service des différents personnages et à créer des environnements dans lesquels les comédiens peuvent donner le meilleur d’eux-mêmes tout en préservant la cohérence avec le ton et l’intention de l’œuvre originale.

Préparation du personnage
Une fois le casting finalisé, le directeur artistique doit guider chaque comédien tout au long du processus d’interprétation et d’adaptation de la performance originale. Les directeurs artistiques doivent fournir aux comédiens des informations complètes avant qu’ils n’entrent dans la cabine d’enregistrement, généralement par le biais de bibles, de dossiers créatifs et d’historiques détaillés des personnages. Cette préparation doit couvrir les traits de personnalité, les motivations, les relations et toutes les nuances qui définissent la façon dont le personnage parle et se comporte, en veillant à ce que les performances originales soient fidèlement représentées.

4.3 Intensité de performance

Le doublage nécessite un équilibre délicat en termes d’intensité de performance. Le défi consiste à éviter deux fautes courantes : surjouer et sous-jouer. L’objectif ultime, comme l’explique Chaume, est de « créer un produit final crédible qui semble réel, qui nous fasse croire, en tant que spectateurs, que nous assistons à une production nationale, avec des personnages facilement reconnaissables et des voix réalistes ».

Un comédien qui surjoue se remarque par une articulation excessive et des réactions émotionnelles exacerbées qui semblent artificielles. Whitman-Linsen décrit clairement ce phénomène : « Les interprétations des rôles sont exagérées, dramatiques et chargées d’émotions. Les voix ont un son bidon, théâtral et ne correspondent pas à l’expression corporelle. Les conversations quotidiennes se déroulent comme s’il s’agissait de la mort tragique de membres de la famille et du déclenchement de guerres atomiques. » Sous-jouer pose le problème inverse : un jeu monotone et sans engagement, qui ne reflète pas la vie émotionnelle du personnage.

Dans certaines régions, le doublage a souvent privilégié des performances plus exagérées, mais la tendance générale du secteur est au naturalisme. Les acteurs doivent viser à reproduire le rythme, le ton émotionnel, la dynamique et la clarté de la performance originale sans l’amplifier. L’objectif est une interprétation authentique qui donne vie au personnage dans la langue cible tout en respectant les choix créatifs faits dans l’œuvre originale. 

5. Enregistrement et mixage

L’enregistrement et le mixage constituent la base technique qui permet à la traduction, à l’adaptation et à l’interprétation d’atteindre le public avec la clarté et l’impact escomptés par la production d’origine. L’objectif principal de ces processus interconnectés est de rendre le son du doublage aussi proche que possible de la production originale, en se fondant naturellement dans le contenu plutôt que de paraître artificiellement proéminent ou déconnecté du mixage.

5.1 Qualité technique

Des problèmes techniques pendant le processus d’enregistrement peuvent produire des dialogues déformés qui compromettent même le travail de traduction, d’adaptation et d’interprétation le plus compétent. La qualité du dialogue doublé influe directement sur la compréhension et l’engagement émotionnel, raison pour laquelle il doit naturellement se fondre dans l’expérience de visionnage.

Étant donné que les dialogues doublés sont enregistrés dans des conditions fondamentalement différentes de celles des dialogues de production, l’enregistrement et le mixage exigent une attention particulière afin de préserver le caractère de l’œuvre originale. Une mauvaise exécution au stade du mixage peut amoindrir toutes les réalisations créatives qui l’ont précédée.

Le concept de Whitman-Linsen selon lequel « ce qui compte, c’est l’impression, la crédibilité du mot artistique considéré comme un tout » s’applique non seulement à l’exécution linguistique mais également à l’exécution technique : l’impression générale créée par le son influence directement la crédibilité du produit doublé. 

5.2 Enregistrement

L’obtention d’un dialogue doublé naturel et véridique commence par le processus d’enregistrement. L’intensité, la plage dynamique et les caractéristiques tonales de l’œuvre originale doivent être fidèlement reproduites grâce à une configuration acoustique soignée et à une exécution technique réfléchie. Il convient d’éviter tout traitement pendant ou après l’enregistrement afin que les dialogues puissent être capturés aussi clairement que possible, ce qui donne aux ingénieurs du son la flexibilité nécessaire pour façonner le son selon les besoins pendant la phase de mixage.

Environnement d’enregistrement
L’environnement acoustique est un élément clé d’un enregistrement de haute qualité. Une bonne insonorisation permet de minimiser les interférences externes et de garantir que les enregistrements sont exempts de bruits indésirables. Le traitement acoustique peut aider à gérer les réflexions sonores susceptibles d’introduire des échos ou des déséquilibres, permettant ainsi aux comédiens de doublage de se concentrer sur leur jeu. Dans la mesure du possible, des cabines d’isolation peuvent fournir un contrôle supplémentaire de l’espace d’enregistrement afin de réduire davantage le bruit et d’améliorer la clarté. 

Sélection du microphone
Les microphones professionnels adaptés à l’enregistrement vocal sont essentiels pour un doublage optimal. Les options standard de l’industrie incluent les modèles à large diaphragme, les microphones à perche et les microphones cravate. 

Le type de microphone sélectionné pour le projet de doublage doit compléter les caractéristiques vocales des comédiens ainsi que le contenu enregistré. Pour les prises de vues réelles, il est fortement recommandé d’utiliser des microphones reproduisant les caractéristiques d’un enregistrement de production sur plateau. Pour l’animation et la voix off, les microphones à condensateur à large diaphragme fournissent généralement les meilleurs résultats audio. 

5.3 Montage

Le montage prépare le matériel enregistré pour la phase de mixage et garantit la précision technique tout au long du processus de doublage.  Dans la mesure du possible, le montage doit être effectué par rapport à l’image de référence plutôt que de se fier uniquement aux formes d’onde audio, afin de garantir que le dialogue correspond aux mouvements de la bouche, aux gestes et au jeu physique des acteurs à l’écran. 

Préservez le son ambiant capturé pendant la session d’enregistrement afin de conserver la cohérence avec l’œuvre originale, créant ainsi une expérience audio plus naturelle et immersive. Cependant, il convient de supprimer les bruits indésirables à moins que leur présence ne soit requise pour des raisons créatives. Chaque segment de dialogue doit intégrer des transitions de fondu pour éviter le bruit pendant le mixage, et les pistes doivent être organisées de manière systématique afin de fournir aux ingénieurs du son un point de départ clair pour leur travail.

5.4 Mixage

Le mixage représente l’étape finale critique au cours de laquelle les dialogues doublés doivent s’intégrer parfaitement à la piste son d’origine. Les directives suivantes contribuent à faciliter cette intégration réussie.

Gestion des niveaux et traitement dynamique
Le son du doublage doit correspondre aux niveaux de la version originale. Lorsque les directives d’enregistrement et de montage sont suivies, aucune amplification artificielle ne devrait être requise au-delà des exigences initiales. Il est préférable d’utiliser des contrôleurs de mixage ou des consoles pour l’automatisation des niveaux au lieu d’outils de traitement susceptibles de compromettre la qualité naturelle du son. 

L’égalisation sert à supprimer les fréquences problématiques ou à améliorer les fréquences souhaitables dans le dialogue, mais il ne faut pas l’utiliser pour compenser les mauvais enregistrements. De même, vous ne devez utiliser la compression pour équilibrer les niveaux audio que si elle ne compromet pas le flux naturel du dialogue. Une fois le mixage terminé, le résultat final doit être vérifié sur différentes configurations pour s’assurer qu’il fonctionne correctement sur différents appareils et environnements.

Traitement spatial
L’environnement acoustique de la version doublée doit être aussi proche que possible de celui de la version originale afin de garantir une expérience immersive. La réverbération et le délai fournissent au public une référence en matière de placement des personnages et d’interaction, et il convient de les ajuster de manière à s’aligner sur l’enregistrement original. Si des dialogues issus de la production originale sont disponibles, ils peuvent être utilisés comme guide pour le panoramique lorsque le mixage complet n’a pas la clarté requise pour une reproduction précise.

Gestion des pistes
Les pistes de musique et d’effets (M&E) fournies à des fins de doublage doivent être soumises à un contrôle qualité et ne doivent pas être modifiées ou ajustées pendant le processus de mixage. Si vous rencontrez des problèmes avec ces éléments, il convient de les documenter et de les faire remonter afin d’obtenir des conseils.

Les pistes facultatives, qui contiennent généralement des réactions, des énoncés, des dialogues en langue étrangère et des sons de foule, peuvent être utilisées à condition de pouvoir les intégrer de manière fluide dans le dialogue doublé. 

Contrôle de qualité
Un contrôle qualité approfondi doit être effectué pour identifier et résoudre tout artefact, anomalie ou incohérence dans l’audio doublé. Le directeur artistique, le monteur, l’ingénieur du son et les autres parties prenantes clés devraient collaborer activement tout au long du processus de doublage afin de garantir que le dialogue complète l’expérience audiovisuelle dans son intégrité. Tous les paramètres, plugins, outils de traitement et techniques utilisés lors du mixage doivent être documentés pour faciliter les révisions futures et garantir la cohérence du projet de doublage.

6. Conclusion

Ces directives témoignent de l’engagement de Prime Video à promouvoir l’excellence dans tous les aspects du flux de travail de localisation. La qualité du doublage résulte de l’intégration de la précision linguistique, de la performance artistique et de l’excellence technique : lorsque la traduction rend fidèlement les dialogues, que les comédiens de doublage donnent vie aux personnages et que l’exécution technique fournit une qualité audio professionnelle, le contenu doublé transcende les barrières linguistiques pour créer les expériences de visionnage immersives que mérite notre public international. 

Alors que le paysage de la localisation continue d’évoluer, ces principes guideront notre engagement continu en faveur de la qualité et de l’innovation, en veillant à ce que chaque production doublée honore la vision créative de l’œuvre originale tout en touchant profondément les spectateurs dans leur propre langue. 

7. Références

Ávila, A. (1997). El Doblaje. Madrid : Cátedra, Col. Signo e Imagen.
Chaume, F. (2007). Normes de qualité en matière de doublage : une proposition. TradTerm, 13, (pages 71 à 89).
Chaume, F. (2012). Traduction audiovisuelle : Doublage. Manchester : St. Jerome Publishing.
Digital Entertainment Group (DEG). (2024). Comment atteindre la qualité en matière de doublage créatif. Comité de localisation de l’Advanced Content Delivery Alliance (ACDA), Creative Workstream Working Group.
Whitman-Linsen, C. (1992). À travers le miroir du doublage : La synchronisation des films américains en allemand, français et espagnol. Francfort-sur-le-Main : Peter Lang.

Toujours besoin d’aide?

Contactez-nous


Erreur de serveur interne ! Veuillez réessayer
Votre session a expiré

Merci de vous connecter pour continuer

Connexion
edit